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La contre-attaque Traxler a fait l'objet d'un tournoi thématique
organisé par l'AJEC en 1996 dont j'avais déjà rendu compte dans le
CDE n°475. Depuis, un certain nombre de nouvelles parties, ou de
plus anciennes qui n'avaient pas été inclus dans l'article, ont
justifié cette nouvelle publication.
Et ce d'autant plus que la contre-attaque Traxler a fait l'objet
d'une publication récente par le Maître Fide américain Dan Heisman
(Elo 2295) sous la forme d'un CD-ROM publié par Pickard & Sons. Dan
Heisman est un fervent adepte de la Traxler et son travail d'analyse
de cette ouverture est tout à fait remarquable. La base de données
qui contient plus de 1600 parties et 55 analyses d'ouvertures
détaillées peut être lue par ChessBase Light ou les versions 6 et
plus de ChessBase.
D'autre part, plusieurs articles théoriques ont récemment été
consacrées à la variante Traxler (New In Chess Yearbook 55 et Chess
Mail 2001/1 et 2001/2) qui apportent des éclairages nouveaux sur les
parties jouées dans les tournois thématiques de l'AJEC.
La première partie de l'article présenté aujourd'hui, est
consacrée à la variante la plus populaire 5.Fxf7+ Re7 6.Fd5. La
deuxième partie, qui sera postée début décembre, traitera des
variantes moins prisées 6.Fb3 et 6.Fc4 au lieu du traditionnel
6.Fd5, qui n'avaient pas été présentées dans le CDE, et qui semblent
poser quelques difficultés aux Noirs. Enfin, la troisième et
dernière partie présentera les découvertes les plus récentes dans la
variante critique 6.Cxf7, où l'on est peut-être pas loin d'avoir
trouvé la réfutation de la contre-attaque Traxler. Cette ligne est
vraiment passionnante et mériterait sans doute que l'on y consacre
un nouveau tournoi thématique.
J'invite tous les lecteurs à me soumettre leurs critiques,
suggestions ou parties à l'adresse eric.ruch@wanadoo.fr.
La ligne de jeu appelé aujourd'hui contre-attaque Traxler, est
une variante de la défense classique des deux cavaliers :
1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fc4 Cf6 4.Cg5 Fc5

Par leur dernier coup, les Noirs ignorent la menace qui pèse sur
leur pion f7, et au lieu de la défense habituelle 5...d5, ils
préfèrent contre-attaquer sur le point faible de la position
blanche : le pion f2.
Cette ligne de jeu fut inventée par le révérend père d'origine
tchèque Karel Traxler à la fin du XIXème siècle. De nombreuses
analyses ont été publiées par Yakov Estrine dans les années 60 et de
nos jours cette variante est devenue le terrain d'exploration favori
de nombreux joueurs par correspondance.
Elle se caractérise bien sûr par son caractère éminemment tactique
et il n'est pas étonnant que la plupart des ouvrages théoriques
(Encyclopédie C 3ème édition (ECO), Nunn Chess Openings (NCO),...)
se contredisent et évaluent totalement différemment les lignes les
plus critiques : bien difficile donc, de se faire une opinion
tranchée et toute vérité affirmée aujourd'hui sera sans doute
contredite demain. C'est pourquoi elle offre un terrain
d'expérimentation particulièrement propice au jeu par
correspondance.
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