
Le club d'Aurec sur Loire en janvier 2005 ; au premier plan, de gauche à droite : Godeffroy Valet, Jérôme Barthélémy, Grégoire Desassis, Olivier Deville ; au second plan, Franck Lestra, David Graillon, Jean-Luc Chabas (photo Jean-François Desassis)
Olivier Deville, président du club d'Aurec sur Loire, nous confie ses impressions après la victoire de son équipe dans la finale du premier championnat de France des clubs - trophée Michel Roos, et nous livre une analyse de la partie AJEC B-Aurec sur Loire. Un grand merci à Olivier pour sa disponibilité et sa gentillesse ! (note du webmestre)
Peux-tu nous présenter le club d'Aurec sur Loire ?
Situons
d’abord Aurec sur Loire sur la carte, si tu le veux bien :
c’est une ville de 5000 habitants, dans le département
de la Haute-Loire (43), mais à 20km de Saint-Etienne, la
capitale du Forez.
Le club
d’Aurec sur Loire est né en septembre 1991 à
l’initiative de Patrice Ravel. C’est une section de la
MJC d’Aurec.
Notre petit
club a déjà eu le privilège de remporter une
compétition nationale : l’édition 2001 de la
Coupe des moins de 2000 Elo. Nous avons joué plusieurs années
en Nationale III, et nous évoluons cette saison en Natinale
IV.
Nous
organisons aussi depuis la création du club un Open
International de parties rapides, dont la 14° édition a eu
lieu les 19 et 20 février 2005.
Comment
l'idée de participer au Championnat de France des Clubs
a-t-elle germé ?
Je suis
membre de l’AJEC depuis 1979 sans interruption. Il m’a
donc paru tout naturel d’engager le club dans cette aventure.
Mais j’ai quand même pris la précaution de
demander aux joueurs s’ils étaient intéressés,
car je n’avais pas envie de jouer les parties tout seul :
ce n’était pas le but du jeu !
Comment
procédiez-vous pour les parties ? Par exemple, comment
choisissiez-vous les ouvertures ?
Etant donné
que notre effectif est assez dispersé et que tout le monde ne
peut venir régulièrement aux réunions de club,
nous avons surtout procédé par e-mail, et nous avons
aussi fait le point sur les parties à chaque fois que nous
étions réunis pour jouer une rencontre intercercles.
Nous avons
opté pour des ouvertures très variées, afin que
chaque style de jeu puisse y trouver son compte : pour la
finale, nous avons joué 1.e4, 1.d4 et 1.c4 avec les Blancs,
une Sicilienne, une Française et une Bird (mais là on
n’y est pour rien) avec les Noirs.
De manière
générale, nous avons procédé de la
manière suivante : à chaque fois que je recevais
le coup de l’équipe adverse, je postais un diagramme à
l’ensemble des joueurs, sans proposer de coup afin de ne pas
les influencer, et chacun donnait son avis, proposait un plan,
soumettait une variante. Après des débats plus ou moins
animés, on passait au vote, et le coup ayant recueilli le plus
de voix était choisi.
Y
a-t-il eu des cas où le vote n'a pas donné de résultat
clair ? Si oui, comment avez-vous tranché ?
Cela a dû
arriver une ou deux fois. C’est moi qui ai tranché (il
faut bien prendre une décision !)
Quelle
était approximativement la moyenne Elo (FFE) de votre équipe
?
Nous avions
6 joueurs à 2000 Elo : David Graillon, Robert Celette,
Frédéric Chomier, Philippe Testard, Godeffroy Valet et
moi-même. Cette belle brochette était épaulée
par Franck Lestra (1800), Jean-Luc Chabas (1600), Jérôme
Barthélémy (1500) et Franck Mialon (1400). Ces derniers
n’ont pas hésité à donner leur opinion, et
cette aventure les a certainement fait progresser.
A quel
moment avez-vous commencé à croire au titre ? Y a-t-il
eu un tournant dans la finale ?
A vrai dire,
nous nous étions inscrits… pour gagner ! Notre
victoire en Coupe 2000 nous avait donné des ailes et nous
avions envie d’un deuxième titre. Bien entendu, nous
savions que ce ne serait pas facile. Le tournant de la finale a été
notre partie contre Gif : j’avais fait jouer à
l’équipe un début douteux qui nous avait mis en
grande difficulté. Mais nous nous sommes accrochés pour
sauver le demi-point.
Avez-vous
été surpris par certains aspects du jeu par
correspondance, par rapport au jeu sur l'échiquier ?
Moi non,
bien sûr 
Les joueurs
étaient prévenus que cela durerait longtemps. Notre
manière de procéder était peu contraignante pour
les membres de l’équipe : ils répondaient
aux messages s’ils avaient le temps de le faire.
Qu'est-ce
que la participation à cette épreuve a apporté
à ton club ?
Je pense que
le fait d’analyser en commun a permis aux joueurs de progresser
globalement. L’analyse dans le jeu par correspondance va
beaucoup plus loin que devant l’échiquier et c’était
pour eux une expérience nouvelle. Ils ont en fait découvert
une nouvelle façon de jouer aux échecs !
Le
fonctionnement du tournoi vous a-t-il satisfait ? Voyez-vous des
points à améliorer ?
Michel
Bruneau a fait un travail remarquable, ce n’était
vraiment pas facile avec toutes ces équipes dont certaines
n’avaient que très peu d’expérience dans le
jeu par correspondance. La phase finale doit être un casse-tête
à organiser, et il est bien entendu dommage que nous n’ayons
pas rencontré Montsauche, nos concurrents directs. Mais
comment faire ? Je n’ai pas de recette miracle.
Et
maintenant ... Quels sont vos prochains objectifs ?
Continuer
à faire vivre un club d’échecs dans notre petite
commune, nous maintenir en Nationale IV, former des jeunes, organiser
notre Open international… Le Championnat de France AJEC était
une épreuve de longue haleine, très exigeante, et la
participation à la prochaine édition ne figure pas dans
nos projets immédiats. Mais nous nous inscrirons certainement
dans un an ou deux, le temps que les joueurs aient repris leur
souffle !
La partie commentée AJEC B-Aurec sur Loire se trouve dans la rubrique Analyses.
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