Logo AjeciccfTitre site



Congrès ICCF de Leeds (2009)
Congrès de Leeds


Congrès ICCF de Benalmadena (2007)
Première partie
Deuxieme partie
Troisième partie

Congrès ICCF de Dresde (2006)
Compte rendu final

Congrès ICCF de Villa la Angustora (2005)
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Compte rendu final (format PDF)

Comptes rendus de livres et CD
The Write Move (Harding)
Gladiatoren Ante Portas (Anton/Baumbach) (english version)
50 golden chess games (Harding) (version française)
64 great chess games (Harding) (version française)
64 great chess games (Harding) (english version)

Les logiciels de gestion de parties par e-mail
Introduction
ECTool Lite
ECTool (version payante)
MailChess
Chess Tool Pocket
Utilisation de ChessBase pour jouer par e-mail

Menu principal
Une surprenante partie Paris-Marseille (1878) (première partie)
Une surprenante partie Paris-Marseille (1878) (deuxième partie)
L'AJEC ... mon expérience, par Jean-Marc Yvinec
Le bicentenaire des Échecs par correspondance (première partie)
Le bicentenaire des Échecs par correspondance (deuxième partie)
L'étonnante Miss Gilbert (première partie)
L'étonnante Miss Gilbert (deuxième partie)
By Jove !
Pourquoi jouer par correspondance ?
Notation : numérique ou alphanumérique ?
Échecs par correspondance et motivation
Le Jubilé de l'ICCF
Attribution des normes ICCF
Réflexions sur le classement Bridier

Interviews
Olivier Deville
Josef Mrkvička (première partie)
Josef Mrkvička (english version, first part)
Josef Mrkvička (deuxième partie)
Josef Mrkvička (english version, second part)
Patrick Spitz
Michel Lecroq (première partie)
Michel Lecroq (deuxème partie)
Gert-Jan Timmerman
Christophe Léotard (première partie)
Christophe Léotard (deuxième partie)

Congrès ICCF de Mumbai (2004)
Première partie
Deuxième partie

Congrès ICCF d'Ostrava (2003)
Les élections à l'ICCF
Première journée
Troisième journée
Les photos !
Annonce relative au serveur de l'ICCF
Programme de patronage de l'ICCF

Congrès ICCF de Seixal (2002)
Introduction
Première journée
Deuxième journée
Troisième journée
C'est fini !

Congrès ICCF de Rimini (2001)
Introduction
Première journée
Deuxième journée
Troisième journée
C'est fini !
Une interview de Michel Lecroq (suite)

Comment va se dérouler l’évolution du jeu postal et Email ?

J’aimerais d’abord dire qu’en matière de jeu par Email, je ne suis ni réfractaire ni obsédé. Disons que l’évolution du jeu postal dépendra de la demande et j’estime que les responsable de l’AJEC ne sont pas en place pour imposer telle formule plutôt qu’une autre. Ils ont pour mission d’organiser des tournois en fonction de la demande. Il faut aussi prendre en considération que dans les tournois français le recours systématique à l’Email n’est pas une nécessité puisque la poste de notre pays fonctionne parfaitement.

Les responsable ICCF, eux, poussent déjà très fort pour la solution Email. On peut leur reprocher cette position mais on peut aussi facilement la comprendre car ils ont connu tous les problèmes liés au jeu postal. Parfois ils étaient dans l’incapacité de savoir quand un tournoi allait se terminer et quand un autre allait pouvoir démarrer. Dans les tournois type championnat du monde, il n’était pas question d’arbitrage (la décision doit se faire sur «l’échiquier» CHG). Les joueurs d’un certain âge vont devoir prendre le virage informatique et il est probable que certains arrêtent. Moi j’ai eu la chance d’être encore suffisamment jeune pour m’adapter lorsque l’informatique s’est imposé.

Ouvrons maintenant le dossier : JPC et ordinateur. Ici et là on sent beaucoup d’hypocrisie sur le sujet ...

Je suis arrivé jusqu’à 2610 sans l’aide d’un ordinateur et aujourd’hui j’ai 2600 en m’en servant. La différence est que la vie est plus agréable maintenant. J’ai acheté mon premier ordinateur en 1992. Après je me suis dit qu’on pouvait aussi jouer aux échecs avec et mon premier logiciel fut Mchess Pro. Par la suite j’ai disputé mon premier tournoi avec l’aide d’un logiciel (un 3/4 de CDM) et force est d’avouer que c’est là que j’ai réalisé mon plus mauvais résultat (8/16). Il m’a donc fallu un tournoi entier pour m’habituer. J’ai compris à cette occasion comment il fallait s’en servir, ce qu’il fallait accepter et rejeter. L’ordinateur a été imposé, non pas par les joueurs, mais par le progrès et je considère que la prolifération des logiciels d’échecs n’est pas le fait des joueurs d’échecs par correspondance. J’aimerais donc qu’on cesse de leur reprocher car un produit librement commercialisé est fait pour être acheté et utilisé. Il faut donc arrêter de fantasmer sur de pseudo règlements où les joueurs s’engageraient à ne pas recourir à l’aide de l’ordinateur. Ce n’est pas contrôlable donc pas gérable. On doit considérer que tout JPC dispose d’un document de base constitué d’une base de données, d’un moteur de recherche et de la littérature échiquéenne. Ce document de base est constamment évolutif, cela induit qu’il faut le mettre à jour et ceci est déjà en soi un grand travail. Par rapport au document de base, le joueur va devoir amener un plus, sa contribution personnelle qui sera en quelque sorte sa valeur ajoutée.

En pratique, l’apparition de l’ordinateur fait que les parties durent plus longtemps en nombre de coups car il y a beaucoup moins de grosses erreurs commises. Il y a également davantage de parties nulles ... Le raisonnement consistant à dire qu’un joueur disposant d’un ordinateur est nettement avantagé est devenu obsolète de nos jours à cause de la baisse des prix. Tous les joueurs peuvent s’offrir un ordinateur. Lorsque j’ai démarré le JPC l’argument type était que celui qui avait la meilleure bibliothèque était favorisé, ce qui, dans l’esprit, revient au même.

Tout n’est pas simple car il existe pour le joueur un risque important d’être complètement assisté. C’est ce que tente de démontrer le GMI Christophe Léotard depuis quelques années. Sur le fond je lui donne raison, mais je pense qu’il n’a pas abordé tous les aspects de la question.

L’utilisation d’un moteur de recherche ne présente pas que des inconvénients, je dirais même qu’il y a plusieurs avantages. Cela permet de mémoriser les analyses déjà effectuées. On peut également gérer davantage de parties car l’ordinateur fait un travail à votre place tout en vous évitant de commettre des erreurs grossières. Cela permet de dégager plus de temps libre et donc davantage de sérénité. C’est un facteur important car une meilleure disposition intellectuelle permet d’approfondir les analyses, ce que l’ordinateur ne fait pas forcément très bien.

Prenons un cas très concret pour éclairer mes propos. On rentre dans l’ordinateur une position équilibrée mais complexe. Au bout de quelques minutes il va vous proposer différents coups avec des évaluations différentes : a) +0,80 b) +0,40 et c) +0,20. Le joueur passif ou paresseux choisira sans réfléchir la première proposition. Le joueur qui se pose des questions jouera la variante a puis la variante b puis la c et il va les analyser. Il obtiendra alors des sous variantes a1, a2, a3, b1, b2, b3, c1, c2, c3 avec à chaque fois des appréciations différentes. Ces 9 sous variantes déboucheront sur une multitude de positions. Et ici je ne parle que de cas simples car on pourrait aussi imaginer une quatrième variante affichant au départ ­0,50. Beaucoup de joueurs auront tendance à l’éliminer d’office alors qu’en fouillant bien on se rend compte que c’est finalement celle-ci qu’il faut jouer. Le choix de la variante dépend de la valeur du joueur. Plus il sera fort et plus il sera à même de déjuger le ou les coups proposés par l’ordinateur. Il y a donc un travail de synthèse considérable. En résumé, l’ordinateur fait le travail analytique et le joueur le travail synthétique.

Et puis n’oublions pas que chaque joueur a aussi le droit d’analyser par lui-même et qu’il est tout à fait possible de trouver une idée qui n’apparaît pas dans les choix de l’ordinateur. En regardant, on s’aperçoit que cette idée peut être complètement idiote ou excellente. Dans le cas de l’AJEC, l’une des raisons invoquées pour expliquer la baisse des effectifs est que les joueurs sont découragés par la présence des ordinateurs. C’est dommage car le joueur, quel que soit son niveau, doit prendre la peine de réfléchir et dialoguer avec son logiciel afin de voir si ses idées sont bonnes ou pas. Ll doit y avoir une forme d’interactivité qui permet de progresser. C’est absolument nécessaire.

Vous avez écrit dans le CDE : «j’ai dû souvent démontrer à mon ordinateur que mes combinaisons étaient justes». Que vouliez-vous dire exactement ?

Dans les cas des sacrifices positionnels, c’est-à-dire où l’on sacrifie du matériel sans forcément chercher à le récupérer, dans l’espoir d’améliorer la position, l’ordinateur n’est pas toujours à l’aise. Souvent il rejette le premier coup. Si le joueur a confiance en son jugement et qu’il poursuit l’analyse, il arrive parfois un moment où l’ordinateur va permuter son appréciation, passant par exemple de ­0,50 à +2,00, considérant de fait que ce que vous jouez est correct. Dans certaines positions, l’ordinateur est handicapé car il ne supporte pas le déficit matériel. Pour éviter de se faire «refouler» par son ordinateur il faut être sûr de soi et surtout très critique.

Ce type de problème avec les combinaisons à sacrifice positionnel se retrouve aussi dans les finales. L’ordinateur ne voit pas arriver les finales nulles. S’il analyse une position qui après une dizaine de coups donne une finale R+C vs R, il évaluera au départ la position à +3,00, ce qui est un non sens total. L’ordinateur n’excelle que dans les combinaisons purement tactiques.

Quelle est votre approche pour les bases de données ?

Au moment de démarrer un tournoi il faut être à jour au niveau des informations, tout en sachant que trop d’informations tuent l’information. Je suis fidèle à mes ouvertures fétiches, même si de temps à autre il m’arrive de tester certaines ouvertures. Dans le tournoi «Mate Postal A» je me suis autorisé quelques fantaisies en jouant la partie Ecossaise ... Je pense bien connaître mes ouvertures mais comme tout évolue il est impératif de se mettre à jour en se tenant au courant grâce à une base de données mais aussi en lisant différentes publications. Ensuite il faut faire le point et ce n’est pas toujours facile.

Une base de données, contrairement à ce que pensent certains joueurs, ce n’est pas quelque chose de nouveau, c’est une évolution. C’est la transmission sous support informatique de ce qui existait auparavant sous un support papier. Ce qui est nouveau c’est la rapidité de la transmission, notamment grâce au téléchargement. C’est un phénomène qui touche aussi bien le JPC que le jeu à la pendule. Au départ du tournoi il convient donc d’être le plus à jour possible sur les variantes que l’on pratique. C’est devenu tellement nécessaire qu’il convient d’avoir quasiment une approche professionnelle. Ensuite il faut se faire sa propre opinion en essayant de comprendre ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. La base de données n’est donc pas la panacée universelle. Je pense que les meilleurs joueurs à la pendule ont la même démarche. Ils testent ou recherchent des variantes avec un moteur de recherche mais la différence c’est qu’une fois devant l’échiquier le joueur pendule est seul, il joue en quelque sorte sans filet. Mais la démarche de la préparation est la même.

Comment se fait-il qu’il y ait parfois pour un même joueur une énorme différence entre un classement pendule et un classement JPC ?

Il est difficile de comparer un classement pendule où l’on joue en temps limité, sans déplacer les pièces, et un classement JPC où il y a peu de contraintes de temps, où on peut déplacer les pièces et où la logistique est importante (bibliothèque, logiciels...). C’est un peu comme un joueur de tennis de table et un joueur de tennis : le terrain n’est pas du tout le même. Le facteur temps change considérablement la donne car une bêtise sera probablement punie par correspondance alors que ce ne sera pas forcément le cas à la pendule, où du moins pas avec les mêmes conséquences. En principe un JPC doit toujours obtenir un classement supérieur à celui qu’il peut avoir à la pendule, mais tout dépend de sa motivation, de son sérieux et surtout s’il laisse de côté son complexe de supériorité. Il faut qu’il fasse l’effort de s’adapter. Il faut améliorer constamment sa compréhension du jeu d’échecs et notamment son jugement positionnel.

Le classement pendule exprime ce que l’on est capable de comprendre en peu de temps, ce qui ne veut pas forcément dire qu’avec deux heures de plus on comprendra mieux. À l’inverse, il y a des gens qui en peu de temps comprennent peu de choses mais en beaucoup de temps comprennent beaucoup de choses. Je pense que c’est ici que se situe la différence de fond. En principe ce serait donc une aberration si un joueur pendule obtenait un classement inférieur au JPC. En résumé, la différence s’explique par la motivation, le temps dont on peut disposer, la logistique et bien entendu la capacité intellectuelle du joueur d’accéder à un niveau supérieur de compréhension.

Quelles sont aujourd’hui les perspectives à l’AJEC ?

Depuis près d’un an une nouvelle équipe est en place sous la houlette du président Olivier Coclet. Ce dernier a une vision de l’avenir plus moderne que celle de ses prédécesseurs. Par ailleurs, un site internet, plus vivant que celui qui existait déjà a vu le jour. C’est d’ailleurs pour tenter de l’animer que j’ai accepté de disputer deux parties majoritaires. On a également offert aux joueurs la possibilité de jouer par Email, chose qui n’était pas favorisée, loin de là, sous l’ancienne équipe. Par ailleurs des relations correctes ont été rétablies avec l’ICCF, faisant suite à une longue période de conflit. Aujourd’hui notre principal souci est de faire remonter les effectifs mais il faut être lucide car après une année de crise il ne faut pas espérer des miracles. À la grande époque l’AJEC comptait environ 1 100 membres alors qu’aujourd’hui c’est quasiment moitié moins.

C’est vraiment dommage car qualitativement l’AJEC donne l’impression de n’avoir jamais été aussi forte.

C’est vrai, mais le fait qu’il y ait de plus en plus de titrés et de moins en moins de joueurs n’est pas une bonne chose pour l’AJEC. Force est de constater que ce sont les plus motivés qui restent, mais la pyramide a besoin de la base. Je pense qu’il y aura une phase de stagnation jusqu’aux prochaine élections en juin 2003. Pour le moment nous avons tous beaucoup d’idées mais il y a plus de travail que de gens pour le réaliser, sachant qu’il s’agit de bénévolat. Le nouveau problème qui se pose est que dans l équipe dirigeante il y a beaucoup de forts joueurs qui ont leur propres parties à mener et donc pas autant de temps libre qu’il faudrait pour se consacrer à l’AJEC. Nous espérons avoir stoppé l’hémorragie, parviendrons-nous à faire remonter les effectifs ? L’avenir le dira.

Deux mots sur les parties majoritaires que jouez en ce moment sur le site de l’AJEC.

J’ai accepté de participé pour animer le site et donner la possibilité à chaque joueur qui le souhaite d’affronter un GMI. J’estime que c’est important car l’on a souvent tendance à penser que les GMI n’ont aucune considération pour les petits joueurs. Je me souviens que j’ai été plus longtemps petit joueur que GMI, et à une époque Bergraser était pour moi la voie royale. Si j’avais pu jouer contre lui, je l’aurais fait immédiatement. En principe, je pense que je vais gagner avec les Blancs et annuler avec les Noirs. Le bilan est bon car les parties sont vraiment très intéressantes. Elles seront publiées et commentées dans le CDE.

 Début de l'interview

Site mis à jour le 27/06/2010


Moteur de recherche sur ce site