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5) Beaucoup pensent que la plupart des joueurs PC les utilisent
(pourquoi se priver ?). Est-ce exact ? Toi même, les utilises-tu dans
ta pratique courante ? Si non, comptes-tu le faire un jour ?
Peut-être qu'entre 2 joueurs d'un niveau 1800 correspondance, celui
qui utilise une machine a plus de chances de l'emporter. Quoi que, ce
n'est même pas sûr, comme pourraient le démontrer certaines parties du
match hommes-machines. De toute façon, sauf indécente gloriole, je ne
vois pas où serait l'intérêt de n'être que l'opérateur d'une machine
pour battre un joueur qui ne serait pas capable de la surpasser.
A part ces quelques cas extrêmes, je crois que la plupart des
joueurs savent (et ont tout intérêt à le savoir) se servir de la
machine comme d'un outil à part entière, exactement au même titre que
l'encyclopédie des ouvertures par exemple.
Néanmoins, j'ai le sentiment que ce contrôle de l'homme sur la
machine est inversement proportionnel au nombre de parties en
cours. Il y a un moyen assez infaillible pour reconnaître ces joueurs
qui se robotisent : ils jouent extrêmement vite. Par exemple, dans une
de mes parties e-mail actuelles (cadence 60 jours/10 coups), mon
adversaire, pour 22 coups joués, n'a dépensé au total que 20 jours de
réflexion !! A titre de comparaison, j'en suis à 114 jours. Donc, si
j'ai un adversaire qui «me blitze» et si je constate dans
Eloquery (super programme consacré à tous les
joueurs reconnus par l'ICCF) qu'il a beaucoup de parties en cours, je
sais tout de suite à qui (ou plutôt à quoi) j'ai affaire.
Pour ma part, je me suis toujours efforcé de ne pas trop souvent
dépasser la barre des 20 parties simultanées, 32 fut mon maximum mais
l'implosion menaçait ! C'est pourquoi je crains beaucoup le début des
¾ finales du championnat du monde e-mail en septembre car
j'aurai à ce moment 26 parties dont 17 par e-mail.
En 9 ans de correspondance, je n'ai presque jamais varié mes
ouvertures : 1.c4 avec les blancs, Sveshnikov et Grünfeld avec les
noirs. J'ai rempli des dizaines de cahiers d'analyses sur ces
ouvertures en me basant surtout sur les parties de l'informateur. Au
fur et à mesure, j'ai amélioré et approfondi mon répertoire, mes
analyses sont parfois prêtes jusqu'en finale.
Dans la Sveshnikov par exemple, sur la variante 1.e4 c5 2.Cf3 Cc6
3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 e5 6.Cdb5 d6 7.Fg5 a6 8. Ca3 b5 9.Cd5, il
me suffit quelquefois de reconnaître un type de position avant de m'y
engager parce que je sais que dans le pire des cas, un certain nombre
de finales de tours et fous de couleurs opposées sont très faciles à
annuler (pas toutes).
Bien entendu, il faut sans cesse rester à l'affût des nouveautés
importantes. Dans un tournoi, une préparation sérieuse permet toujours
une bonne entrée en matière et quelques parties plus décontractées
mais il faut une certaine expérience du jeu par correspondance avant
d'en arriver là.
Depuis moins de 2 ans, je possède une base de
données. L'utilisation de cet outil informatique est autorisée et même
très fortement répandue. Aujourd'hui, je continue de remplir des pages
de cahier, mais de façon beaucoup moins systématique dans l'ouverture
car il faut bien reconnaître que ma base de données me facilite
énormément la vie, tant je gagne en efficacité aussi bien au niveau
structurel (organisation de la pensée) que pratique (gain de temps
donc d'énergie). Pour chacune des ouvertures que je suis susceptible
de jouer, j'ai créé des bases, puis des sous-bases et ainsi de
suite. Je rentre au fur et à mesure les parties des informateurs (plus
livres divers) quand elles m'intéressent. Je complète avec mes
vieilles analyses écrites et je continue avec les récentes.
Je télécharge aussi des bases de parties trouvées sur
internet. Ainsi, dans les parties Hiarcs-Léotard et Léotard-Chess
Tiger (défi EE), n'importe quel joueur bien organisé aurait pu
gagner. La plupart de mes analyses était prête depuis longtemps bien
qu'on ne m'avait jamais joué ces lignes relativement inférieures. Ma
tâche fut grandement facilitée car je n'eus qu'à peaufiner quelques
variantes jamais choisies par les ordinateurs, mais ce travail me
resservira peut-être un jour.
Attention, c'est loin d'être toujours aussi facile ! La plupart du
temps, quand mes adversaires me sortent de ma bibliothèque, je suis
dans des systèmes qui me sont familiers, mais il faut jouer ! A ce
moment-là, je n'ai plus besoin de rien et surtout pas d'un programme
de jeu. J'élimine tous les parasites ambiants pour mieux me couper du
reste du monde et la méditation commence.
Le travail le plus important consiste à m'imprégner de la position,
de telle sorte que celle-ci vive en moi, en permanence et n'importe
où. Pour ce faire, je ne touche pas aux pièces dans un premier temps,
comme à la pendule, sauf que là, il ne s'agit que d'une étape
préparatoire. Une fois que j'ai repéré les facteurs déterminants de la
position (sans obligatoirement avoir déjà bien compris tout le sens de
la position, évidemment) je fais la liste des coups candidats, liste
qu'il ne faut pas craindre d'élargir tant un coup d'apparence
saugrenue peut parfois s'avérer intéressant. Je ne sais pas trop
combien de temps peut durer tout cela, disons de 15 minutes à 1h30
selon les positions. Inutile de dire qu'il faut recommencer cette
démarche essentielle pour chaque nouveau coup dans chaque partie.
Ensuite seulement, je touche aux pièces. J'élimine plus ou moins
rapidement quelques coups candidats pour n'en garder que 3 ou 4,
parfois plus selon les positions. J'ai toujours un a priori sur un
coup, mais ce n'est pas toujours celui que je retiens. Je commence à
analyser les 3 ou 4 en profondeur. A ce moment là, il s'est écoulé pas
mal de temps, je fais une pause ou je passe à une autre partie. Cette
coupure est absolument indispensable au travail du subconscient.
Quand je reprends (parfois 4 ou 5 jours après), la position m'est
déjà plus familière bien que je n'y aie pas encore retouché. Je
recommence toujours là où en était ma réflexion. Les interruptions
plus ou moins brèves s'enchaînent jusqu'à ce qu'il ne me reste plus
que le coup que je pense être le meilleur. Je vérifie mes analyses et
les pousse un peu plus loin.
Il est rare que je change d'avis à ce stade mais il est déjà arrivé
qu'une pointe tactique m'ait échappé et que je doive refaire tout le
travail pour me rabattre sur un autre coup candidat, c'est très
désagréable.
Pour en arriver à la décision finale dans les positions les plus
difficiles à jouer, tout ce travail pour un coup s'étale sur rarement
moins de 15 jours, je suis déjà allé jusqu'à un mois et même plus avec
le temps des vacances. Pour une position «normalement
compliquée», il faut compter une semaine en moyenne. D'où un
autre aspect important de la préparation des ouvertures : les premiers
coups permettent d'économiser des jours de réflexion que je récupère
précieusement dans les positions où j'ai besoin de temps.
C'est souvent dans les milieux de partie que je fais la
différence. Dès la sortie de ma bibliothèque, je continue
d'allègrement remplir des cahiers, mais grâce au progrès, je peux
maintenant rentrer à l'écran ce que j'appelle la synthèse de mes
analyses. Il n'empêche que je dois encore manquer d'organisation, car
une fois la partie terminée, j'ai un mal fou à retrouver dans mon
fouillis le détail des variantes étudiées quelques mois
auparavant. C'est pour cela que, dans mes commentaires de parties, je
ne donne qu'une infime portion de mes analyses.
6) Il a été remarqué que ton «défi machines» sur EE
n'avait guère de sens, dans la mesure où aucune clause n'interdisait
de se servir de la même machine pour la battre. Si x est positif, x+y
est toujours supérieur à y ! Ta réaction ?
S'il n'y avait pas cette clause, c'est que cela allait de soi. De
toute façon, ce raisonnement ne tient pas la route car, à partir d'un
certain niveau de compréhension du jeu, certains joueurs seraient bien
plus forts s'ils n'utilisaient pas la machine dont ils sont devenus
l'esclave et dont ils reproduisent systématiquement les fautes.
Le joueur par correspondance est un indépendant et l'esprit
critique doit être l'une de ses qualités premières. Il me serait
moralement impossible de faire confiance au jeu d'une machine et
aujourd'hui, j'en suis même à douter de certaines analyses des
meilleurs GMI pendule. Je crois que la partie
Léotard-Vigneron (Championnat de France 1996) illustre bien ces propos.
7) Ton défi et la remarque précédente sont à l'origine du célèbre
match hommes-machines. On a dit que cela t'intéresse. Quel est ton
opinion sur le principe et sur les parties en cours ? Va-t-on prendre
une raclée ?
Oui, ce match est intéressant. Au départ, je craignais l'inexpérience
totale des participants : seulement deux d'entre eux ont un classement
correspondance !
Je craignais qu'ils ne soient pas tous capables de véritablement
vivre leur partie, qualité indispensable par correspondance, comme je
l'ai expliqué avant. Je constate d'ailleurs que certains ont joué trop
vite.
Je craignais aussi un certain manque de motivation et,
malheureusement, un joueur n'a plus donné signe de vie au bout de
quelques coups, comme c'est trop souvent le cas de ceux qui veulent
essayer le JPC «juste pour voir».
La moyenne du niveau pendule n'est pas très élevée.
Bref, on peut dire que l'opposition humaine aurait pu être beaucoup
plus forte. Quelques petits elo semblent en difficulté mais, malgré
tout, la plupart des joueurs, pourtant novices du JPC, sont en train
de démontrer qu'il est facile de rivaliser, voire de prendre
aisément l'avantage: dans une partie, Fritz 6 a rapidement perdu une
pièce !
8) La plupart des meilleurs du JPC (du passé ou du présent)
ont un niveau pendule de MI, voire de GMI. C'est loin d'être ton
cas. Comment l'expliques-tu ? En particulier, comment est-il
possible de rehausser ainsi son niveau en passant de pendule à
JPC ?
Ceci est inexact. Il suffit de consulter le classement ICCF pour
constater que de nombreux MI OU GMI pendule sont devancés par des
anonymes. Regardez la tête de liste et vous n'y trouverez aucun joueur
célèbre à part Ulf Anderson dont le classement va d'ailleurs être revu
à la baisse suite à quelques prestations très décevantes.
Pour prendre un exemple qui nous touche de plus près, je signale
que le GMI français Michel Lecroq n'a jamais dépassé le niveau 2000 à
la pendule alors qu'il a fini troisième du 14ième Championnat du
Monde.
Nombre de titrés FIDE deviennent des joueurs quelconques par
correspondance ou abandonnent cette forme de jeu à cause de leur
incapacité à s'adapter.
Consultez la base
de données de l'AJEC (disponible sur le site), vous constaterez
que des joueurs pendule français, certains parmi les tout meilleurs du
moment, se sont essayés au jeu par correspondance et se sont cassé les
dents face à des inconnus à l'époque où les programmes d'échecs
n'existaient pourtant pas.
Notons aussi que deux champions de France à la pendule
participèrent, juste après leur titre, au championnat de France par
correspondance : Letzelter en 1972 et Bernard en 1991. L'un finit
3ième et l'autre 2ième, tout est dit.
Autres exemples : Peter Leko a subi un cuisant revers contre
Pankratov (EE n°491), j'ai récemment battu en 30 coups le MI FIDE
Slobodan Mirkovic et Michel Lecroq vient d'infliger au GMI FIDE
Danielsen une défaite
en 28 coups (voir parties commentées). Ceci
serait quasiment inenvisageable à la pendule.
Une chose est absolument certaine et c'est peut-être la seule à
retenir : quand je joue à la pendule et quand je joue par
correspondance, je ne pratique pas le même jeu. A la pendule, je
tourne autour des 2000 elo (2050 actuellement) en jouant en moyenne une
quinzaine de parties par an. Je pense que j'obtiendrais un classement FIDE aux
alentours de 2200 si je jouais régulièrement. Cela fait donc environ
400 points d'écart par rapport à mon classement correspondance, ce qui
reste raisonnable.
Ma toute première expérience du jeu par correspondance date de
1984, un tournoi Europe Echecs, j'avais 18 ans. J'ai fait 3,5/4 mais
le besoin de jouer à la pendule a tout de suite repris le dessus et je
ne le regrette pas car c'est devant l'échiquier qu'on acquiert toutes
les bases nécessaires à une bonne intuition du jeu, ce sixième sens si
important par correspondance. Je dis intuition plutôt que
compréhension car je crois qu'on «sent» les échecs plus
qu'on ne les comprend.
Jusqu'en 1988, j'ai joué régulièrement, obtenant des résultats qui
me permirent de franchir rapidement la barre des 2000. Puis ce fut
quatre années d'interruption presque complète du jeu, le temps de
«s'installer dans la vie» comme on dit. N'ayant pas alors
la possibilité de reprendre le jeu pendule, je m'inscrivis à mon tout
premier tournoi AJEC : 12 parties dans le tournoi 1212 en 1992 ! Je ne
vous cacherai pas qu'à cette époque, avec dans la tête la certitude
d'un «bon niveau», j'entendais bien démontrer que le jeu
par correspondance n'était que, selon ce qui s'est toujours murmuré
dans les travées des salles de tournoi, le refuge des frustrés du jeu
pendule.
Ainsi, comme en 1984, je gagnais mes premières parties
«facilement», devenant de plus en plus sûr de moi et ne
réfléchissant jamais plus de quinze à vingt minutes sur une
position. En somme, c'était trop simple et la vie était
belle. Tellement belle que j'abusais largement de ses plaisirs,
jusqu'à, par deux fois, frôler le pire ...
L'esprit égaré, entre deux erreurs de jeunesse, c'est ainsi que mes
parties avançaient. Et c'est là que se situe le tournant de
l'histoire, car un jour, dans un accès de lucidité, je compris,
stupéfait, que trois parties étaient en train de m'échapper. Malgré
cette prise de conscience, il était trop tard et je ne pus en sauver
aucune des trois. Complètement sonné après cette douloureuse
expérience, j'ai compris que le jeu par correspondance exigeait que
l'on y consacre du temps et de l'énergie.
Alors, je m'y suis mis à fond, y consacrant graduellement toujours
plus de mon temps libre, ce qui eut principalement le mérite de mettre
un terme à tous mes problèmes personnels. Peu à peu, à mesure
qu'augmentait le niveau de jeu de mes adversaires, j'ai découvert
l'incroyable spécificité du joueur par correspondance : au gré de
certains styles pour le moins déroutants, de certaines ouvertures
«peu recommandées» qu'on me jouait, j'ai compris que le
JPC était un autre monde et que ce qui se murmurait dans les travées
des salles de tournoi était bien loin de la vérité.
La suite de l'histoire, c'est d'innombrables heures seul face à
l'échiquier, une recherche de tous les instants, même en dormant (voir
partie
Léotard-Pasko) ! Voilà pourquoi je n'ai plus perdu depuis ce
premier tournoi.
Enfin, il faut savoir que le jeu par correspondance au plus haut
niveau est une spécificité restrictive : aborder les échecs de façon
aussi spécialisée et compétitive ne permet pas d'effectuer des progrès
sensibles à la pendule. De plus, cela exige une disponibilité qui
n'est pas toujours facilement conciliable avec les exigences sociales
et familiales. Quand le rythme des parties s'accélère, il faut
être prêt à consentir quelques sacrifices. Au stress de la vie
quotidienne s'ajoutent la tension et la fatigue qu'engendrent les
longues analyses. Dans ces conditions, il est souvent nécessaire de
puiser dans les réserves d'énergie, ce qui demande beaucoup de
volonté.
En revanche, quand il est abordé de façon ludique mais néanmoins
réfléchie, le jeu par correspondance est un immense laboratoire, un
formidable tremplin pour le jeu pendule. Mais alors, il faut jouer
beaucoup de parties sans que prime le résultat, ne pas «se
prendre la tête» des jours entiers sur une position, construire
son répertoire d'ouvertures à partir de variantes originales, essayer
des gambits, jouer des tournois thématiques ou des matchs défis à
partir d'une position donnée etc ...
J'ai presque envie de dire : si vous voulez progresser à la
pendule, ne vous prenez pas au sérieux par
correspondance. Investissez-vous, mais pas trop, juste ce qu'il
faut. Alors, vous prendrez du plaisir et vous irez jusqu'à en tomber
amoureux de votre facteur !
Pour terminer, je cite Michel Lecroq, dont l'expérience est immense
après plus de trente années de pratique : «Devant une position
donnée, un joueur pendule trouve rapidement un bon coup. En
réfléchissant plus, il trouvera mieux mais atteindra rapidement le
maximum de ce qu'il peut trouver. Cela n'est pas péjoratif, ce maximum
peut être très élevé. Un joueur JPC errera quelques temps dans la
position. La qualité de son analyse sera proportionnelle au temps
passé. S'il veut atteindre le maximum de ses possibilités, il devra
investir beaucoup de temps. Ce maximum sera en général supérieur au
maximum d'un joueur pendule. Voilà qui explique pourquoi on peut avoir
des classements pendule et JPC très différents, cela dépend de la
forme d'intelligence que l'on a. Il est donc superflu de porter un
jugement là dessus, il dépend du fait qu'on privilégie la rapidité ou
la réflexion. C'est pour cela que j'ai vu d'un mauvais oeil le jeu
e-mail à la cadence 40 jours/10 coups, cela avantage les intelligences
"rapides". A 60 jours/10 coups, cela donne sa chance à tout le
monde.»
9) Je te remercie, Christophe. J'aime les nombres ronds et les
réponses claires !
J'ai essayé d'être le plus clair possible.
| Palmarès de Christophe Léotard |
- Champion de France 1995 (+7=3-0)
- Champion de France 1996 (+5=3-0)
- Champion de France 1997 (+9=3-0)
- Vainqueur du tournoi WT/M/GT/349 qualificatif au championnat du
monde (+10=4-0)
- Vainqueur du groupe 3 de la Semi-Finale du 22ème championnat du
monde (+9=5-0). Titre de MI.
- Meilleur score au 4ème échiquier (groupe 4) de
l'équipe de France lors des préliminaires des XIIIèmes
Olympiades (+8=4-0). Titre de SIM.
- Vainqueur du tournoi de Grands Maîtres
«Amici Sumus» (+7=7-0). Titre de GMI.
- Vainqueur du match contre les programmes Hiarcs et Chess Tiger (+3=1-0).
- Vainqueur du tournoi de Grands Maîtres
«Paul Keres 85».
- Vainqueur de la section 3 du XXème tournoi des candidats, qualifié pour la finale du championnat du monde.
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