Le jeu d’échecs présente de multiples facettes dont l’une est le jeu
par correspondance. Mais qu’est-ce que le jeu par correspondance et
pourquoi certains joueurs éprouvent-ils le besoin d’assouvir leur
passion de cette manière ?
Le jeu «classique» est relativement simple : deux joueurs
se rencontrent dans l’espace et le temps pour en découdre physiquement
sur l’échiquier. Cependant ces deux caractéristiques que sont l’espace
et le temps peuvent générer des contraintes quasi insurmontables :
- L’espace : pas de club dans sa ville, son village ou son lieu
d’habitation,
- Le temps : les réunions périodiques dans son club, les parties
généralement jouées le week-end sont parfois vécues comme des
contraintes pour l’équilibre familial.
De telles contraintes peuvent amener une certaine population de
joueurs d’échecs à trouver d’autres chemins leur permettant d’assouvir
leur passion. En d’autres termes à assouplir les contraintes temps et
espace. Si la présence physique et continue des deux joueurs n’est
plus indispensable pour la conduite d’une partie, la contrainte temps
va se transformer. La durée de la partie va se «diluer»
dans le temps, rendant plus aisée son intégration dans l’organisation
familiale du joueur.
Le jeu d’échecs est, intrinsèquement, un jeu individuel. Le jeu
d’échecs par correspondance va accentuer cette caractéristique. En
effet, les spécificités du jeu par correspondance sont essentiellement
induites par les conséquences du facteur temps. La durée d’une partie,
nous l’avons déjà mentionné, va se diluer dans le temps, pour
acquérir des apparences d’éternité ou d’infinitude.
Par correspondance, le temps donné à un joueur pour réaliser sa partie
est «quasiment» infini. Dans la conduite même de sa
partie, des contraintes «classiques» du jeu sur
l’échiquier disparaissent :
- Plus d’effort de mémoire sur-humain,
- Moins de contraintes psychologiques,
- Moins d’erreur ou de gaffes de débutants.
Dans le jeu par correspondance, de nouvelles possibilités apparaissent :
- L’accès à sa documentation personnelle,
- La possibilité de consulter en permanence des ouvrages de référence,
- La possibilité de jouer des «choses» plus complexes.
Ces nouvelles possibilités, ainsi que le temps infini, dont le
joueur par correspondance dispose vont influencer profondément son
style. Le jeu va devenir plus «rude», plus mûr, pour se
transformer en véritable lutte et les parties ainsi jouées vont
pouvoir atteindre une qualité et une densité rarement rencontrée sur
l’échiquier.
Le style du joueur n’est pas la seule composante ainsi transformée
par la correspondance. Ce sont toutes les facettes du jeu qui vont
être «transmutées» ... une véritable alchimie !
Cette transmutation va toucher tous les compartiments intrinsèques du
jeu (début, milieu, finales) mais également les compartiments
extrinsèques (préparation, lutte, organisation, style, personnalité,
...). Finalement c’est toute la perception du jeu d’échecs, et sa
compréhension qui s’en trouvent améliorées.
La correspondance permet, donc, à certains joueurs d’assouvir leur
passion en rendant les contraintes temps et espace acceptables. Mais
ceci n’est pas la finalité de la correspondance. Cette dernière n’est
qu’un outil, un moyen.
La transmutation effectuée sur la qualité du jeu, sur la profondeur,
sur notre propre compréhension du jeu est telle ... que nous ne
pouvons plus nous en passer.
La correspondance est comme un virus ... extrêmement virulent !
Un virus avec des conséquences de dépendance !
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