AJEC - 18.01.2017 - Hans Berliner
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous permettre de vous connecter. This site uses cookies to help us provide quality services. Using our services, you consent to the use of cookies.

18.01.2017 - Hans Berliner

Hans Berliner

Hans Berliner (1929 – 2017) : grand maître d'échecs et programmeur de génie

L'ICCF via le "New York Times" (article de D. Loeb Mc Clain, 16 janvier 2016) annonce le décès à l'âge de 87 ans d'un des plus grands champions d'échecs mais aussi un pionnier de la programmation pour les "game-playing computers" (ordinateurs  pour logiciels de jeux)

Non seulement Hans Berliner a été un fort joueur sur l'échiquier (MN à l'âge de 20 ans, puis rapidement MI F.I.D.E., plusieurs fois dans les finales du championnat  des USA dans les années 50 / 60, membre de l'équipe américaine aux Olympiades d'Helsinki aussi) mais surtout 5e  champion du Monde ICCF 1965-1968 avec le score écrasant de 14 pts sur 16 possibles (+12=4 !) Une de ses parties du championnat fit le tour du monde et fut grandement analysée par les humains puis les logiciels : celle contre Yacob Estrin (URSS), avec les noirs dans la défense des 2 cavaliers (Estrin qui deviendra lui-même le 7e champion du Monde ICCF, 1972-1976) Remarque : cette finale, comme toute la période 1950-2000, se jouait par courrier postal; avec 17 participants dont 10 des "Pays de l'Est" (5 soviétiques), en pleine "guerre froide", on peut considérer que ce fut un exploit de boucler un tel tournoi majeur en un peu plus de 3 années !

Mais également sa célébrité fut internationale dans la recherche informatique et en particulier la programmation des calculateurs destinés aux jeux. Docteur en science informatique, professeur d'université, et il fut surtout le précurseur de l'intelligence artificielle en analysant le nombre de coups possibles dans un jeu, puis la logique afférente à la création d'un logiciel efficace. Ainsi il commença à s'attaquer au backgammon avant le jeu d'échecs (pour lui trop complexe à l'époque au niveau des possibilités intrinsèques). Ce fut plus difficile que prévu car la stratégie de l'ordinateur ne fut pas exempte d'erreurs si la situation changeait, même avec un avantage ... Cependant en 1979 avec de nouvelles logiques de travail et de nouvelles théories son programme BKG 9.8 réussit à battre Luigi Villa le champion du Monde de backgammon sur le score sans appel de 7 à 1 !

Aussi il revint de nouveau à son idée de base suite à sa collaboration avec IBM qui avait débuté dans les années 60 : faire un programme pour le jeu d'échecs capable de rivaliser avec l'homme. En 1985 son ordinateur "HiTech" fut le "Prométhée" qui allait bouleverser le jeu d'échecs : il atteint rapidement le niveau de maître, écrasa tous ses rivaux électroniques, et fut le 1er ordinateur à battre un GMI, Arnold Denker.

Ses travaux contribuèrent grandement à la création du célèbre ordinateur IBM "Deeper Blue" qui battit Kasparov lui-même en 1997 lors du match revanche ! Version améliorée du super-calculateur "Deep Blue" (battu en 96 par Kasparov), "Deeper Blue" avait une capacité de 11,38 GFLOPS soit la possibilité de calculer 100 à 300 millions de positions par seconde avec une profondeur de 12 demi-coups en moyenne; ce monstre de 1,4 tonne et de 1,80 m de hauteur nécessitait 20 personnes pour qu'il fonctionne. Il faut savoir que ce match ne fut pas exempt d'erreurs et d'occasions ratées, pourtant assez évidentes, aussi bien de la part de l'humain que de l'ordinateur !

Après ce coup de tonnerre, et la voie ouverte quelques années plus tard aux logiciels accessibles au commun des mortels, jamais plus on ne jouerait aux échecs comme avant, jamais plus on verrait les échecs de la même manière ...

Né à Berlin en 1929, sa famille émigra aux USA en 1937 fuyant le nazisme. Son père était ingénieur-électricien, et son grand oncle Emile Berliner (1851-1929), naturalisé américain lui aussi, inventa le disque enregistreur, l'origine de nos vinyle !

Hans Berliner vivait à Riviera Beach, Floride.

 

Denis Rozier